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BlogSaturne - Culture et Gastronomie

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[Mais c'est quoi le théâtre ? #02] La possibilité d'un théâtre français...

[Mais c'est quoi le théâtre ? #02] La possibilité d'un théâtre français...

[Mais c'est quoi le théâtre ? #02] La possibilité d'un théâtre français...

Le théâtre français peut-il être identifié aujourd’hui grâce à des esthétiques communes à plusieurs artistes ou à des écoles particulièrement vivantes et reconnaissables ?

Quels sont les noms d’hier et quels sont ceux d’aujourd’hui ?

Hier, dans cette après-guerre, on se rappelle du théâtre populaire, d’une politique de décentralisation, du nouveau roman, d’un engagement communiste qui se retrouve sur les plateaux, on lit Brecht, on découvre Grotowski, Kantor, on va voir Brook, on écoute Deleuze, Dort, Sartre, Camus…

On se souvient de beaucoup de noms qui s’articulent autour d’un engagement politique et intellectuel, la scène s’en trouve dénudée ou expressive. Ces noms travaillent les belles lettres françaises pour transmettre dans toute la France et font part d’une agitation de la langue, celle de Lagarce, celle de Gabily ou de Koltès.

Hier : Chéreau, Vincent, Vilar, Mnouchkine, Planchon, Sobel, Vitez… Chacun avait son univers mais tous, ou presque, se retrouvaient sur un engagement très à gauche, de cet engagement politique découlait leur approche du théâtre et du public. Cette approche pouvait dès lors se traduire par une réponse à la société et à ses mutations. Le théâtre français était une réaction à ce qui pouvait se produire.

Vilar / "1793" de Mnouchkine / Planchon / "Coma" de Chéreau
Vilar / "1793" de Mnouchkine / Planchon / "Coma" de Chéreau
Vilar / "1793" de Mnouchkine / Planchon / "Coma" de Chéreau
Vilar / "1793" de Mnouchkine / Planchon / "Coma" de Chéreau

Vilar / "1793" de Mnouchkine / Planchon / "Coma" de Chéreau

Aujourd’hui, on se lasse des belles lettres, on s’y attaque en école puis par commodité commerciale pour correspondre à un cahier des charges scolaire ; les agités de la langue d’hier sont devenus les classiques du moment.

Rambert, Quesne, Macaigne, Jolly, Py, Bobée, Braunschweig, Lacascade… Chacun a son univers mais aucun ne semble s’accorder, certains réagissent avec vigueur en laissant de beaux cadavres dans leurs sillages, certains invoquent les figures d’hier et esthétisent la fabrique du théâtre tandis que d’autres jouissent dans la culture Pop.

Il est vrai que le théâtre n’a jamais eu à tant se définir commercialement et à s’inscrire dans diverses actions culturelles qui ne sont presque jamais de son fait. Et organiser une réponse, une réaction au réel qui soit collective et disparate, demande du temps et un geste qui n’est justement pas très commercial car hasardeux, hésitant, colérique, amoureux, irraisonné et irréfléchi.

Les noms d’aujourd’hui, d’ores et déjà catalogués et indexés, sont certainement ceux qui ne gueulent pas, qui ne réagissent pas mais qui développent leurs univers, leurs rêves. Peut-être que l’on peut finalement identifier le théâtre français d’aujourd’hui à ces ilots à la dérive, chacun de son côté à bâtir des mondes, des grottes, des palais ?

"Les barbares" de Lacascade / "Clôture de l'amour" de Rambert / "La mélancolie des dragons" de Quesne / "Au moins j'aurai laissé un beau cadavre" de Macaigne
"Les barbares" de Lacascade / "Clôture de l'amour" de Rambert / "La mélancolie des dragons" de Quesne / "Au moins j'aurai laissé un beau cadavre" de Macaigne
"Les barbares" de Lacascade / "Clôture de l'amour" de Rambert / "La mélancolie des dragons" de Quesne / "Au moins j'aurai laissé un beau cadavre" de Macaigne
"Les barbares" de Lacascade / "Clôture de l'amour" de Rambert / "La mélancolie des dragons" de Quesne / "Au moins j'aurai laissé un beau cadavre" de Macaigne

"Les barbares" de Lacascade / "Clôture de l'amour" de Rambert / "La mélancolie des dragons" de Quesne / "Au moins j'aurai laissé un beau cadavre" de Macaigne