Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
BlogSaturne - Culture et Gastronomie

BlogSaturne - Culture et Gastronomie

Menu
Phobos

Phobos

Phobos

De Victor Dixen

Tome 1

 

"Six prétendantes d'un côté. Six prétendants de l'autre. Six minutes pour se rencontrer. L'éternité pour s'aimer. Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'oeil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter." [source éditeur]

C'est le résumé du thriller façon télé-réalité spatiale de Victor Dixen, paru chez Robert Laffont en 2015 dans la collection R.

 

Victor Dixen imagine une dette américaine amenant le pays à vendre la NASA, pourtant proche d'un premier voyage vers Mars, auprès du groupe Atlas, une entreprise qui va entreprendre de rentabiliser cet achat en organisant la conquête de la planète rouge au sein d'une immense télé-réalité. Exit les astronautes qualifiés devenus, pour certains, de simples instructeurs ; le programme Genesis produit par Serena McBee préfère envoyer de jeunes adultes aux physiques parfaits mais sans aucune attache terrestre. Si le jeu spatial en direction de Mars se veut addictif et demeure plutôt efficace, la narration est grossière et accumule les maladresses.

Nous suivons principalement Léonor, au sein du compartiment des filles – le compartiment des garçons reste mystérieux, comme il peut l'être pour Léonor. C'est un point de vue efficace et immersif mais Dixen ne s'en contente pas et ajoute le point de vue terrestre des instructeurs, celui de Serena McBee et de sa fille, Harmony, et celui d'Andrew, fils d'un instructeur du programme.

Cette narration éclatée amène les révélations sans subtilité aucune et se veut proche d'un découpage filmique : la première séquence par exemple - le lancement de la fusée – se veut un champ/contre-champ putassier entre Léonor qui hésite à s'engager définitivement dans l'aventure et Serena McBee qui échange avec Gordon Lock - le directeur du programme :

Elle ne se doute de rien, répond sèchement Serena McBee en dégageant sa manche. Ils n'ont aucune idée de ce qui les attend, aucun d'entre eux, pas plus que les dizaines de journalistes qui les assaillent, les centaines d'ingénieurs qui les entourent ou les millions de spectateurs qui les regardent.

La psychologie des personnages est malheureusement tout aussi désastreuse, réduite à de simples clichés que l'on n'osait plus depuis longtemps :

Andrew perd pied.
Il se met à trembler.
"Tout ce que je pensais savoir sur mon père était faux..., balbutie-t-il. Tout ce qu'il m'a dit n'était qu'un tissu de mensonges... Je croyais le connaître, mais c'était un inconnu !"

"Phobos" réussit à transcrire les mécaniques d'une télé-réalité, c'est là sa qualité et c'est malheureusement là son grand défaut : des personnages caricaturaux, une narration racoleuse et grossière.

Marcus soutient le regard de fauve, avec son regard d'aigle : "Tu sais bien pourquoi. Ce qui se passe entre nous, tu le sens toi aussi, je le sais."
Léonor : "Tu ne me connais même pas."
Marcus : "Et ça te fait peur ?"
Léonor : "Tais-toi ! Tu es obscur comme un puits sans fond ! Il est impossible de savoir ce que tu penses vraiment !"